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Dorien Sampermans : « Notre enseignement crée un sens civique différent entre les élèves »
Dorien Sampermans a un message important à faire passer au monde de l’enseignement : il ne peut pas y avoir de différence entre le sens civique des jeunes issu·es du type A et du type B.
Ce sujet lui tient très à cœur depuis qu’elle a consacré son doctorat à la relation entre le climat scolaire démocratique et l’engagement des élèves à l’école et en dehors. Elle y étudie le rôle du corps enseignant dans le processus de socialisation et les risques que la formation citoyenne à l’école soulève, comme le renforcement des inégalités sociales et la stimulation d’une citoyenneté conformiste.
Dorien a expliqué ses idées au cours d’une interview avec BeGlobal : « Les structures de l’enseignement créent un sens civique différent chez les élèves issu·es du type A et ceux du type B, alors que le rôle de l’enseignement devrait précisément être d’y créer plus d’égalité. Notre approche différente des élèves de ces types influence à la fois l’offre et la qualité de l’éducation citoyenne. »
Les élèves du type A reçoivent au quotidien plus de stimulation et d’opportunités d’apprentissage sur la citoyenneté que ceux et celles du type B. Et cela n’est pas dû qu’à leur situation socio-économique, nous dit Dorien. « Quelle que soit leur situation individuelle, les élèves du type A affichent une meilleure connaissance et de meilleures compétences citoyennes que les élèves du type B. »
Selon Dorien, l’enseignement joue un rôle dans la reproduction, voire dans le renforcement de cette inégalité. Cela s’exprime notamment dans une approche différente de l’éducation citoyenne par les enseignant·es. Chez les élèves du type B, les enseignant·es mettent moins l’accent sur l’importance de la réflexion critique et de l’engagement, et plus sur la conformité par rapport aux normes sociales existantes.

« On pense trop souvent que les élèves du type B ne sont pas intéressé·es par la citoyenneté. Dès lors, on leur apprend en fait que la citoyenneté n’est pas importante pour elles et eux. Cela se ressent dans la composition des conseils d’élèves. Souvent, on y retrouve surtout des élèves sortant du type A, et peu d’enseignant·es se soucient du fait que le type B y est sous-représenté », souligne Dorien.
Pour elle, l’enseignement doit dès lors avoir pour ambition d’inciter tou·tes les élèves à devenir des citoyen·nes critiques et impliqué·es. Cela va plus loin qu’un copier-coller avec des efforts identiques en termes de formation citoyenne dans les types A et B. « Il est important d’oser expérimenter pour une bonne différentiation. Avec les jeunes eux et elles-mêmes. Cela peut se faire en anticipant mieux leur univers, en les incitant à s’engager socialement et surtout en leur faisant sentir que leur implication est importante. »
En savoir plus ?
Avec sa co-autrice Ellen Claes , Dorien Sampermans explique les idées qui précèdent en détail dans l’article suivant.









